Grands rêves et petits accidents de la vie

Grands rêves et petits accidents de la vie

Combien d’entre nous ont rêvé d’être médecin ou missionnaire alors que nous étions enfants? Combien d’entre nous ont espéré être associés un jour à quelque chose de grand, d’aider les autres et de changer les choses?

Beaucoup d’entre nous abandonnent trop rapidement ces rêves lorsqu’ils sont confrontés à la dure réalité de la vie en devenant adultes, avec plus de responsabilités et de plus grands rêves pour eux et leurs familles. Pour Barbara Hofmann, ce n’était pas différent. Sa vie en Suisse était limitée aux finances et aux activités bancaires. Jamais elle n’aurait pensé, même pas dans ses rêves les plus fous, qu’elle atterrirait dans un pays duquel elle ne connaissait rien – ce pays s’appelle Mozambique.

Il a suffit d’une grande crise, comme certains les affrontent, pour que Barbara trouve par hasard une offre d’emploi. Ce nouveau job au Mozambique ne l’a pas convaincue, en revanche elle n’a jamais pu oublier ce qu’elle y a vu – le triste destin des enfants.

 

Grosse Träume

 

La vue de ces enfants qui démènent jour après jour pour survivre dans des conditions effroyables l’a marquée à jamais. Les images de ces gens dans la souffrance et de ces enfants l’ont poursuivie et étaient en contradiction avec la vie agréable qu’elle menait en Suisse.

Barbara a décidé de rester. Elle devait le faire et elle l’a fait.

Avant le Mozambique et les enfants, Barbara ne faisait qu’exister, maintenant elle commence à vivre.

Lentement mais avec obstination, elle a créé l’ASEM avec quelques volontaires et des enfants, après de nombreux obstacles, combats et défis. L’ASEM n’est pas seulement une institution au Mozambique, c’est aussi la patrie de Barbara.

Au cours des années, l’ASEM est venu en aide à des milliers d’enfants et d’orphelins. Ce qui a commencé par le « programme soupe » en 1990, a continué par un Centre pour enfants à la fin de la guerre civile au Mozambique dès octobre 1992.

 

Barbara

 

Enfants du ciel

Barbara s’est souvent battue avec son lourd fardeau de responsabilités. Souvent elle a pensé que rien de ce qu’elle faisait ou déclarait ne pourrait consoler les enfants. Mais c’est surtout dans les moments les plus graves qu’elle a senti que la confiance qu’elle partageait avec les enfants grandissait, sans même en être consciente.

Barbara déclare : «Au début, j’ai tout dû réapprendre à zéro, je ne comprenais ni la culture, ni la manière de vivre des gens. J’ai appris une précieuse leçon. J’ai dû m’efforcer pour m’intégrer dans leur société, pour comprendre et respecter leur culture. Sitôt que l’on comprend les raisons d’une croyance, des mœurs et d’une attitude, tout commence à faire sens. On n’est peut-être pas d’accord, mais la compréhension est importante ».

Beaucoup de personnes restaient très découragées, mais rien ne pouvait arrêter l’ASEM et surtout pas les enfants.

Barbara raconte : « Un jour une fille de l’extérieur est arrivée pour se moquer des orphelins de l’ASEM. Elle déclare qu’ils n’étaient que des enfants de la rue, sans racine, sans parents, sans famille qui s’occupait d’eux. J’étais abasourdie et je ne savais pas quoi répondre. Mais un enfant est venu à ma rescousse et a déclare : nous ne sommes pas des enfants de la rue, la rue n’a pas de ventre pour nous mettre au monde. Nous sommes tous nés d’une mère. Nous sommes heureux, même si nous n’avons pas de parents humains, car nous venons du ciel. Mom s’occupe maintenant de nous afin que nous n’ayons plus besoin d’avoir peur ».

L’ASEM a construit avec ses enfants ses propres racines et lentement le chemin vers la vie pour plus d’enfants qui ont combattus pour survivre.

Dans les prochains mois, nous présenterons quelques enfants de l’ASEM qui sont devenus des citoyens productifs et indépendants du Mozambique

  • Ils sont la raison pourquoi l’ASEM s’est imposé
  • Ils sont la raison, pourquoi nous existons
  • Ils sont la raison pourquoi nous nous permettons de te dire ne cesse pas de rêver

 Toi aussi tu peux contribuer. Essaie et tu remarqueras la différence !


4.10.2012 – Claire Dangalan Cachuela
(Traduction de Jean-Louis Zurcher)